Didier Lockwood Issu d’une famille d’artistes, il commence tôt l’apprentissage du violon, puis passe très vite à l’improvisation. A 17 ans, son entrée dans le groupe Magma marque les débuts d’une carrière fulgurante. Sa rencontre avec Stéphane Grappelli, le propulse à 20 ans dans les plus hautes sphères du jazz. où il croisera le chemin des plus illustres artistes, de Miles Davis à Michel Petrucciani, Claude Nougaro ou Barbara.

Il a composé deux opéras, deux concerti pour violons et orchestre, un concerto pour piano et orchestre, des poèmes lyriques et bien d’autres pièces symphoniques, sans oublier des musiques de films. Il a fondé en 2000 un centre international (CMDL, Centre des Musiques Didier Lockwood) à Dammarie les Lys, dédié au perfectionnement de jeunes artistes dans le domaine des musiques improvisées. Membre d’honneur du Haut Conseil de l’Education Artistique et Culturelle, dont il assurera la vice-présidence pendant huit ans, il s’est vu confier par la ministre de la Culture une mission consacrée à l’accompagnement et au développement des pratiques musicales notamment en milieu scolaire, en 2016 de la fête de la Musique.

« La réconciliation entre sensé et sensible est depuis toujours au cœur de mes préoccupations. C'est en tant que vice-président du haut conseil de l'éducation artistique et culturelle que j'ai pu durant plus de huit années mener des travaux sur ce sujet. L'Histoire des arts obligatoire en tant qu'enseignement transversal est née de ces travaux et a fait partie de nos préconisations principales. Depuis, deux rapports dédiés à l'enseignement des musiques et rédigés par mes soins, ont été remis pour le premier au Ministre de la Culture Fréderic Mitterrand et le second au mois de juin dernier au Premier Ministre Manuel Valls. La pratique musicale d'ensemble à l'école (classes orchestre) produit en effet, lorsqu'elle est enseignée dans les règles de l'art, une gamme d'outils cognitifs extrêmement pertinents et vertueux. Il s'agit avant tout de créer par l'écoute chez les enfants et jeunes des liens intelligents, harmonieux et solidaires, le respect du groupe mais aussi de développer chez l'individu des compétences neuro-synaptiques et neuro-motrices spécifiques (plasticité cérébrale) qui seront autant de capacités nouvelles mises à la disposition des diverses disciplines scolaires. Pour cela, je prône un enseignement où le jeu reprend la place centrale du processus éducatif. Ne plus apprendre à chacun de réussir au dépend de l'autre mais avec l'autre, pour et par l'autre, chaque individu devenant ainsi la complétude de l'autre et non plus son concurrent. Apprendre n'est au fond que s'enquérir de ce que nous ne sommes pas ... Je me ferai donc un immense plaisir de partager avec vous mes questionnements sur cette belle et passionnante réflexion. »