SmartFaust : ce sont des applications musicales permettant à tous, sans exigence musicale, de participer à un concert participatif dans lequel mon Smartphone est l'instrument musical principal produisant des sonorités variant en fonction des gestes, et sans toucher l'écran. En devenant un interprète dans un groupe de smartphones, tout le monde peut obtenir le sentiment de faire partie d'un orchestre de téléphone.

Savez-vous jouer DE votre téléphone portable ?  Oui, Oui "DE" et non pas "Avec"!....  C'est possible grâce aux petites applications géniales "Smartfaust"! Une collaboration Grame et Clavichord, avec le compositeur Xavier Garcia.Regardez bien et écoutez, le geste musical guide totalement la composition!

C’est à partir de cela que nous avons travaillé ensemble, en cours d’éducation musicale, une heure par semaine et dans un emploi du temps aménagé avec les élèves d’une classe de 5ème du collège Thomas Riboud à Bourg en Bresse avec l’aide de Gérard Authelain de Clavichord et des mômeludies éditions.

Et maintenant, on compose, chut, silence et on compte sur vous pour venir nous écouter mais aussi, sur vos smartphones en chargeant les 13 applications gratuites Smartfaust, pour participer à ces concerts interactifs.... Voici les boucles d'oreille en cours de création collective avec notre palette sonore de nos trois couleurs primaires : sfTer, sfHell et sfMoulin(5)

Pour la classe, première boucle d'oreille en solo sfTer:

Puis une autre boucle sfHell:

Et la dernière boucle "en chantier" sfMoulin:

Mais il faut surtout écouter la première polyphonie de la classe avec les trois boucles en tutti :

En pleine concentration, écoute réciproque mais aussi respect total des propositions sonores des membres du groupe orchestral de la classe toute entière.

Bon, après cette première étape expérimentale,toujours en cours, au sein même d’une classe de 5ème du collège Thomas Riboud de Bourg-en-Bresse, à partir d’un objet simple du quotidien, le téléphone portable et son utilisation détournée de façon musicale, nous pouvons déjà déduire quelques approches :

1/ L’utilisation simple et sans technique musicale propre du smartphone avec les applications proposées par le Grame, centre national de création musicale, amène l’ensemble du groupe classe à participer à cette action collective de création musicale interactive.

2/ Cette création musicale ne demande pas de support écrit et visuel, dans un langage souvent complexe, pour amener le groupe classe à échanger des propositions sonores.

3/ La participation de l’ensemble du groupe classe est guidée par une concentration intense et une écoute réciproque pour dégager des moments sonores intéressants, des boucles d’oreille émotionnelles. Une formule simple semble apparaître alors dans cette démarche : Tous capable, pour faire, sans savoir faire mais en laissant faire. Nous allons essayer de voir ensemble comment cette pensée peut être développée dans l’environnement quotidien de la classe dans une analyse forcément non exhaustive.

Constat : 1/ Elève de la classe, mon oreille est sans cesse agressée dans mon quotidien par mon environnement mais aussi par mes écoutes subies des différents médias.Mon choix musical est souvent guidé par des formes musicales médiatiques.En fin de compte, je ne décide plus de mes choix musicaux et de mes goûts artistiques.

2/ Elève de la classe, guidé très souvent par mon environnement familial vers une pratique musicale soutenue en dehors de la classe avec ses règles complèxes d’écriture, une technique instrumentale sévère, je me détourne alors de cet univers artistique même en tant qu’amateur.

3/ Elève de la classe, dans ce monde musical qui m’entoure, j’ai souvent tendance, entraîné par mes maîtres, à chercher à m’appuyer sur mon sens visuel pour y entrer presque contraint au détriment de mon sens auditif profond.

Objectifs pousuivis : Attention nous devons absolument être vigilants et bien savoir combien aujourd’hui nos élèves s’enferment individuellement dans la consommation d’echanges « électroniques » avec le téléphone portable.Cette addiction n’est évidemment pas à encourager. Avec smartfaust, l’objet téléphonique devient un véritable instrument de musique, une source d’échange véritable et de création musicale.Le groupe orchestral se forme avec ses contraintes d’écoute et de concentration, de respect mutuel et réciproque.La participation d’ensemble est essentielle.

Description de l’action : A partir de l’objet de communication smartphone et de son détournement musical, nous installons les différentes applications gratuites « smartfaust » développées par les chercheurs du GRAME dans nos appareils.La palette sonore brute nous permet alors d’interpréter à l’infini, en fonction du geste musical du smartphoniste, des variations sonores qui nous conduisent à proposer collectivement une composition éphémère contruite et guidée.

Modalites mise en œuvre : Pendant le temps du cours hebdomadaire d’éducation musicale mais aussi dans des aménagements d’emploi du temps acceptés totalement par le groupe classe, sur son smartphone l’élève écoute, interprète les applications musicales développées par les smartfaust du GRAME et détermine avec précision le geste musical à proposer pour une interprétation musicale collective.

Partenariat et contenu du partenariat : En lien avec le centre national de création musicale de Lyon GRAME le smartphone devient instrument de composition et d’interprétation guidé par les recherches en musique électro-acoustique et le développement, via le langage open-source, des applications smartfaust.L’association CLAVICHORD de Bourg en Bresse relayant ces travaux musicaux en intervenant au sein même de la classe.

Lien avec la recherche : En lien avec le GRAME de Lyon et l’association CLAVICHORD de Bourg-en-Bresse, les élèves sont en contacts avec des intervenants extérieurs qui expriment une sensibilité différente mais complémentaire de celle de l’enseignant habituel de la classe.C’est un enrichissement pour tout le groupe.

Evaluation : Dans le domaine de la création musicale, l’évaluation se détermine en fonction de la satisfaction de l’auditeur mais aussi et surtout du plaisir musical partagé au sein même de l’ensemble interprétant les compositions proposées.

Pour progresser : Avec les recherches développées par le GRAME de Lyon. Avec l’aide de l’association CLAVICHORD de Bourg-en-Bresse et de son intervenant. Avec la compréhension et l’appui de l’administration du Collège Thomas Riboud Mais aussi et surtout avec l’adhésion totale du groupe classe.

Difficultés : La fourniture totale du parc instrumental smartphone sans restriction sociale et financière pour les familles et la recherche en cours d’un opérateur « mécène »pour nous fournir 30 smartphones.

Effets constatés :

Sur les élèves : * L’élève apporte tout autant au groupe total « classe-enseignant »qu’il ne reçoit.

  • Sur les pratiques des enseignants : L’échange permanent avec la classe.
  • Sur le leader ship et les relations : Le « chef d’orchestre » n’est pas ici un personnage absolu, il mène tout autant qu’il écoute le groupe.Il interprète tout autant qu’il dirige l’ensemble orchestral.Ils sont pluriels et complémentaires tout au long de l’interprétation de la composition musicale naissante.
  • Sur l’établissement : Les productions d’élèves, tant à l’intérieur de l’établissement, mais aussi à l’extérieur sont toujours une source d’enrichessement pour l’ensemble de la communauté éducative.
  • Sur l’environnement : La communication du travail réalisé et les productions artistiques à l’extérieur relayées par le compte rendu fait, par exemple, des différents médias augmentent encore la reconnaissance globale du projet éducatif proposé par l’école.

Une réussite à communiquer serait :

1/ La production publique des éléments collectifs de la composition musicale de l’ensemble smartphonique, la satisfaction sans complaisance du public assistant à cette interprétation et le plaisir musical partagé des participants comme éléments d’une réussite collective et d’un échange avec autrui.

2/ La reconnaissance comme instrument de musique en classe du « smartphone » comme élément de construction de l’élève qui écoute, se concentre dans une véritable production artistique sonore sans technique instrumentale particulière ni codage visuel du message à transmettre à l’ensemble du groupe.

3/ La raison d’être du message évoqué : faire, sans savoir faire mais en laissant faire.

Enfin, par l’intermédiaire des groupes viaeduc, la reprise de ces propos par des échanges, des publications et parutions car au 30 juin 2015, après 40 années de fréquentation du monde scolaire, je laisserai la place.

par Thomas OLLAGNIER, professeur d'enseignants artistiques, sur http://experimentation.viaeduc.fr/publication/5731