Ce projet a commencé par une volonté de la Principale du collège, Mme Cuisinier, de changer les choses avec le soutien de Marie-Line Huc. En effet, l’objectif étant de recréer du lien avec les familles du quartier par les « arts de faire culinaires au collège » qui permettent de valoriser les traditions culinaires des familles et de les inciter à participer davantage à la vie de l’établissement et à faire pleinement partie de la communauté éducative dans ce quartier sensible. Les impacts prévisibles concernent autant les collégiens que leurs familles dans leurs pratiques alimentaires quotidiennes.

Il s’agit d’une expérimentation sous la forme d’un projet pilote innovant réalisé sur 3 années. Ce projet complète les approches d’éducation nutritionnelle ou des classes du goût - car si ces dernières apportent des connaissances aux enfants, elles restent souvent éloignées de leurs sociabilités alimentaires (goûters, lunch box, cantine, etc.). Son originalité est d’initier le collégien à pratiquer les « arts de faire culinaires » en lien avec sa vie quotidienne – dans le but de susciter et d’accompagner sa participation à la préparation des repas sous la direction bienveillante d’un adulte - pour le préparer à mener une vie autonome et saine. Ainsi, par la mise en place d’un suivi et d’une évaluation du projet par un travail doctoral sur 3 ans, ce travail débouchera sur l’élaboration d’un guide méthodologique avec la collaboration de tous les acteurs impliqués, pour accompagner la diffusion à une échelle nationale de cette expérimentation dans un grand nombre de collèges. voir l'article complet sur VIAEDUC

Ensuite, s’est posée la question de l’évaluation du projet, en effet, si nous voulions que cette expérimentation puisse être reproduite et valorisée par la suite dans d’autres établissements scolaires, il fallait mettre en place un suivi et une évaluation du projet de A à Z. Pour ce faire, le CEPE (Centre Européen des Produits de l’Enfant) de l’Université de Poitiers, a été sollicité pour participer au projet pilote d’éducation à la consommation alimentaire initié par le collège Marguerite de Valois. C’est pourquoi, au mois d’avril 2013, Emilie Orliange s’est proposée pour mettre en place l’évaluation et le suivi du projet dans le cadre d’une recherche doctorale de 3 ans. L’aventure s’est alors poursuivie pendant 8 mois pour préparer la mise en œuvre du projet, ceci jusqu’au mois de septembre 2013 où le projet a concrètement commencé.

• Le collège Marguerite de Valois en quelques mots... Collège Marguerite de Valois d'Angoulême Le collège Marguerite de Valois est situé dans une cité scolaire regroupant un lycée général, un lycée des métiers et donc un collège. Le collège compte 335 élèves répartis dans 12 classes (3 par niveau).

Les élèves proviennent pour 1/3 du quartier de la Grand Font /Bel Air d’Angoulême situé en zone urbaine sensible, pour 1/3 de la zone résidentielle de la ville de l’Isle d’Espagnac et pour 1/3 du recrutement sur dossier des élèves alimentant les trois sections sportives du collège (natation, football et handball fille). Donc une grande hétérogénéité au sein des classes en termes de résultats scolaires, d’origine sociale et ethnique des élèves. A l’entrée en 6ème, 50% des familles sont issues de catégories socio-professionnelles défavorisées.

Le collège a une forte valeur ajoutée, grâce à l’implication importante de l’équipe pédagogique dans le suivi des élèves et le travail en équipe pluridisciplinaire. Les résultats au DNB sont dans la moyenne académique voire supérieurs certaines années.

Les partenariats avec le centre social et les collectivités territoriales sont importants et nécessaires pour faire en sorte que le climat scolaire soit le plus apaisé possible.

Le collège ne possède pas de service de restauration, les demi-pensionnaires et quelques internes sont hébergés par le lycée Marguerite de Valois.

Le dialogue avec les familles est parfois difficile, voire impossible. Une méfiance envers les institutions existe. Nous devons souvent faire appel à des intermédiaires pour communiquer avec certaines familles (centre social, assistante sociale, éducateur…). Le collège souffre d’un défaut d’image ancien. Malgré le travail de qualité réalisé au sein de l’établissement, les résultats et un climat scolaire pas pire ni mieux qu’ailleurs, le collège garde cette « mauvaise réputation » infondée.

Un article sur le site du Cardie

Le projet AFCC Arts de Faire Culinaires au Collège existe maintenant depuis 4 ans (lancé en septembre 2013), les 3 premières années étant consacrées au pilote et au suivi de son transfert pendant 1 an sur un second collège classé REP+: => Vidéo de présentation des acteurs du projet => Vidéo de présentation du projet réalisé par le réseau CANOPE => Reportage par Itinéraire Bis - Chaine Public Senat => Vidéo de présentation du transfert du projet lors du PNA => Vidéo de présentation de l'évalution du projet => Vidéo d'un atelier de cuisine et témoignage des élèves

Maintenant, le groupe de pilotage suit l'appropriation du guide méthodologique produit par plusieurs établissements en France, à l'Ile de la Réunion et au Quebec.

Lors de la dernière réunion bilan du projet avec la DRAAF Nouvelle Aquitaine (l'un de nos financeurs) , le 23 novembre 2016 au CEPE (Centre Européen des Produits de l'Enfant) en présence de : - Valérie-Inés de LA VILLE (Professeur de Sciences de Gestion/Directrice du CEPE – Université de Poitiers) - Emilie ORLIANGE (Doctorante chargée du programme de recherche AFCC) - Fabrice DELIGNE (Direction de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt Nouvelle Aquitaine) - Marie-Line HUC (Diététicienne CENA, coordinatrice du groupe de pilotage) - Françoise CUISINIER (Principale du collège pilote) - Caroline BAYLE (Animatrice culinaire)




Le groupe de pilotage a fait le point sur le programme AFCC "Arts de Faire Culinaires au Collège", les éléments suivants ont été abordés:

   => Le calendrier de rédaction de la thèse qui suit le programme
   => L'impact institutionnel du projet
   => Le développement international de la recherche
   => La valorisation professionnelle dans des revues
   => Les projets de publications de la recherche
   => Le renforcement de la diffusion du guide et la formation au programme

Pour découvrir le détail des points abordés, voici une présentation: https://fr.calameo.com/read/0030727284a737e27b2a8

Voici une google map regroupant les 15 établissements français ayant actuellement adoptés tout ou partie du projet en 2016/2017: https://drive.google.com/open?id=1az6jPeKEYR_vKg1JMzTBMZGmUY0&usp=sharing

Les articles publiés dans des revues:

   ORLIANGE E. (2016). Comment faire évoluer les comportements et les habitudes alimentaires des adolescents (avec des exemples d’enseignements pratiques interdisciplinaires). Education à l’alimentation : ”Arts de faire culinaires au collège”. Revue de l’Education, Media 21 Editions, N° 5: Laïcité : Un héritage républicain à défendre, 34-43.
   ORLIANGE E., DE LA VILLE I., HUC M-L. (2016). La mise en pratique culinaire comme projet d'autonomisation des jeunes apprentis-consommateurs en matière d'alimentation : Projet de recherche-intervention «Arts de Faire Culinaires au Collège»,Revue Information Diététique, N°1/2016, 9-23.
   ORLIANGE E. (2016). Accompagner les adolescents en quête d’autonomie dans les pratiques culinaires, Revue Education Santé, N°320, 4-9.
   ORLIANGE E., CUISINIER F., RAILLAT-ROUET F. (2016). Mettre en œuvre les EPI : de bonnes recettes d’EPI, Revue Cahiers Pédagogiques, N°528, 23-24.